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Dans mon assiette: du « médiévorisme »

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Voilà un beau néologisme que j’ai inventé…alors inutile de bondir sur vos dicos, vous ne trouverez pas ce mot ! Médiévorisme, pourquoi ? A l’heure où fleuri tout un tas de terme pour définir des régimes alimentaires, j’ai décidé de créer le mien pour qualifier le contenu de mon assiette (carrément ouais!).

Alors c’est quoi pour moi le médiévorisme ? C’est un régime alimentaire qui tend à se rapprocher du mode d’alimentation du Moyen-âge. Cela comprend à la fois des choix d’aliments, mais aussi des choix à niveau des fournisseurs et notamment des modes de production. Définir mon alimentation par cette analogie avec l ‘alimentation médiévale est le moyen le plus précis que j’ai trouvé. Sinon il faudrait dire que je suis locavore mais pas que, végétarienne par intermittence, végétalienne sur certains points,… au final rien ne va parfaitement.

 

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Comment ça se passe au Moyen-âge ?

 

Loin des clichés de cette époque, l’alimentation médiévale est une alimentation assez peu carnée et peu grasse. Dans l’assiette, on retrouve beaucoup de légumineuses, des légumes en grande quantité, et des céréales non transformées (pas de pâtes à cette époque!). La viande, mangée essentiellement les jours de fêtes, notamment chez les plus modestes, est principalement de la volaille et du porc (les bovins sont rarement dans l’assiette, sauf chez les gens les plus aisés, car c’est une importante force de travail qui est bien plus utile vivante qu’en steak). On ne consomme ni beurre, ni crème, on transforme juste un peu de lait en fromage (et plutôt le lait des brebis et des chèvres). Par contre on utilise beaucoup le lait d’amande (en boisson pour les plus jeunes, et dans les préparations culinaires. Le poisson et les œufs sont très consommés, notamment les jours « maigres » dictés par la religion. On assaisonne avec des épices et des herbes fraîches, selon la richesse de la tablée.
Au niveau de l’approvisionnement, à part les épices que l’on fait venir à prix d’or de l’autre bout du globe, on consomme ce qui est produit près de chez soi. A la campagne la production est polyvalente : céréales, maraîchage, élevage et on pratique l’assolement triennal ( une super technique qui consiste à faire tourner les productions tous les ans afin de laisser le temps à la terre de se régénérer). Les bêtes élevés le sont en petit nombre (seul les troupeaux de moutons peuvent être assez importants car ils sont élevés pour leur laine), et vivent avec la famille.

 

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Comment ça se passe dans mon assiette ?

 

La base de mon alimentation c’est forcément les légumes, légumineuses et céréales (que j’essaye de consommer le moins transformées possible…. Oui j’ai du grandement freiner ma passion pour les pâtes). Par contre je ne me borne pas aux variétés uniquement existante en Europe au Moyen Age, sinon l’été je ne mangerais pas grand chose (je rappelle que j’habite dans une région où sorti de la tomate, la courgette et l’aubergine il n’y a pas grand chose sur les étals entre mai et septembre!). Et puis je serais trop malheureuse sans courge !

Concernant la viande ma consommation se réduit de plus en plus : je ne mange plus que du lard, et parfois de la saucisse (parce que c’est vraiment trop bon avec le chou….). Depuis février je me comporte même comme une vraie végétarienne quand je ne mange pas chez moi, car je ne peux garantir la provenance de la viande. En effet mon critère numéro un pour l’achat de mon lard et de mes saucisses, c’est de connaître le mode d’élevage et les conditions de vie de l’animal. Et chéri n’ayant pas pour projet de devenir végétarien, je ferrai de même pour sa viande (pour l’instant on est souvent sur la route donc les achats carnés sont en stand-by).

Pour le poisson, faute de trouver de bons produits (sauvages sur-péchés et bourrés de métaux lourds ou élevés dopés aux hormones….mon cœur balance ! ), je suis en train de me résigner à abandonner à en consommer. Pour l’instant je consomme encore occasionnellement des anchois.

Pour les produits laitiers, vu que je n’ai jamais trop aimé le lait et les yaourts, il n’y a jamais beaucoup eu chez moi. C’est plus compliqué pour le beurre, la crème, et le fromage. Depuis plusieurs mois, le beurre et la crème tendent à disparaître de mon frigo (il me reste un peu de beurre pour les pâtisseries de la fille de chéri). Le fromage c’est exclusivement du chèvre ou du brebis, consommé à petite dose au petit déjeuner, et acheté au producteur bio. A noter que l’abandon des produits issus de vache est un choix lié à mes soucis de sinusites… et il y a un paquet de fromages que je regrette ! Mais je m’octroie quelques extra l’hiver pour les fondues, raclette et autres tartiflettes.

Enfin le point le plus important pour moi : le lieu et le mode de production de tout ça. Pour le végétal, c’est soit bio, soit en agriculture raisonnée (quand je connais les producteurs). Les légumes et fruits frais ont toujours poussés à moins de 50km de chez moi, les céréales et les légumineuses sont produites en France. Pour les produits issus d’animaux ils viennent autant que je puisse, d’élevage à proximité de chez moi, où ils ont vécu dans de bonnes conditions (ça marche aussi pour les œufs que j’ai oublié de mentionner jusqu’à maintenant!).
J’essaye de favoriser les circuits courts ou alternatifs, afin de ne plus avoir à donner de l’argent à Carrouf et consor.
Et bien évidemment je n’achète aucun produits transformés (gâteau, plat préparé,…) et je cuisine tous mes produits bruts. Et je doit reconnaître que l’arrivée de mon super robot dans ma cuisine m’aide beaucoup à tenir le cap !

 

 
Voilà je pense avoir fait le tour des grandes lignes de mon alimentation à l’heure actuelle qui se veut avant tout raisonnée, raisonnable, et faites avec des produits de nos campagnes, les vraies, pas celles où fleurissent des fermes-usines entre deux champs d’une centaine d’hectares arrosés aux pesticides !

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